lundi 19 décembre 2016

Dayot Frédéric se déploie dans le secteur aéronautique

Pour anticiper son développement, l’entreprise de décolletage Dayot Frédéric SARL s’est dotée d’un personnel qualifié et a investi dans la modernisation de son parc de machines.

Un écosystème mobilisé pour répondre aux exigences de ses clients.

C’est par sa réactivité que Dayot Frédéric SARL se distingue de ses concurrents. Cette entreprise de décolletage spécialisée dans l’usinage de pièces de grande précision en petites et moyennes séries a configuré son organisation pour répondre à ses clients dans des délais très courts. « C’est notre atout majeur, ajoute Alain Crozet, gérant de Dayot Frédéric SARL, société qu’il a reprise en 1995. Le délai moyen pour livrer des pièces de moyenne série est de dix jours. » Installée à Magland depuis bientôt 100 ans, l’entreprise a optimisé son fonctionnement grâce à l’organisation de ses ateliers, à la qualification de son personnel et la standardisation de son parc de machines. « Nous disposons de 13 machines de la marque Citizen, dotées des mêmes codes et avec la même programmation, complète-t-il, et nous avons six régleurs pour les utiliser. C’est ce qui nous permet de répondre au plus vite aux appels d’offre. » La relation clients est au cœur de la stratégie de cette TPE de neuf collaborateurs, qui applique sa méthode de travail à l’ensemble de son écosystème et a intégré ses fournisseurs dans sa démarche. « Nos sous-traitants ont été sensibilisés à notre stratégie de réponse rapide, précise Alain Crozet. Grâce à eux, nous fournissons une prestation complète à nos clients, jusqu’au parachèvement des pièces avec le traitement de surface, le traitement thermique et l’ébavurage. Nous proposons aussi le montage de sous-ensembles. »

Spécialisation dans les alliages spéciaux

L’entreprise fabrique des pièces techniques, du matériel hydraulique (tiroir et cartouche), aéronautique, médical, et des pièces pour les biens d’équipement. « La gamme des pièces que nous fabriquons comprend des antivols pour les tableaux dans les musées et des tiroirs des actionneurs d’avions, explique-t-il. Nous sommes présents dans tous les secteurs sauf l’automobile. » Spécialisée dans les alliages ferro-nickel (Kovar, FN 42, FN 48 notamment), les aciers spéciaux et tous les inox de l’aéronautique, Dayot Frédéric SARL produit des pièces de haute valeur ajoutée et axe son développement sur le secteur aéronautique et le secteur médical. Pour compléter cette stratégie, la TPE de Magland va opérer courant 2017 un rapprochement avec une entreprise dédiée à 100% à l’aéronautique avec prise de participation, ce qui permet à Dayot Frédéric SARL d’élargir son offre et d’usiner des pièces dans tous les diamètres. « L’aéronautique est un secteur qui réclame des pièces de plus en plus techniques et ses critères d’exigence et de qualité nous tirent vers le haut, précise-t-il. L’entreprise est en ordre de marche pour prendre un virage décisif vers l’aéronautique et entrer chez les grands donneurs d’ordre. Il faut être prêt car les marchés sont  discutés dès à présent pour les cinq ans à venir. Notre ambition est de porter l’aéronautique à 50% de notre chiffre d’affaires d’ici cinq ans. »

Un déploiement anticipé 

Dayot Frédéric SARL a réalisé un chiffre d’affaires de 2,25 millions d’euros en 2015, à 95% sur le marché français, et prévoit 2,3 à 2,4 millions d’euros à la fin 2016. Pour préparer son déploiement dans le secteur aéronautique et améliorer le service aux clients, l’entreprise a intensifié depuis 2014 ses investissements, avec 300 000 euros investis chaque année, ce qui représente une machine par an. « L’atelier a été modernisé pour offrir un environnement de travail de qualité (aspiration, essorage automatique) et nous nous sommes équipés de machines rapides de dernière génération, détaille Alain Crozet. Ces investissements étaient nécessaires pour répondre à la demande et aux exigences de nos clients en termes de délais et de prix. Nous attachons aussi une grande importance à la qualité et la performance de nos équipes. Cet automne, nous avons recruté un décolleteur en prévision de notre déploiement dans l’aéronautique et le médical. »

Pour compléter ce déploiement, l’entreprise a entamé en 2016 un premier cycle de labellisation Mont-Blanc Excellence Industries pour renforcer sa démarche d’amélioration continue et élaborer une réflexion sur la stratégie de l’entreprise. « Le diagnostic du label a mis en lumière des points d’amélioration, comme l’image de marque de l’entreprise, notamment par le biais de son site internet, la consolidation des objectifs stratégiques et la mise en place d’indicateurs à suivre, insiste le gérant. Ce sont des chantiers que nous avons d’ores et déjà entrepris. »

Article rédigé par Dorothée THENOT, journaliste