jeudi 09 octobre 2014

INITIAL, maître de l'impression 3D

"Aujourd'hui, nous avons fait de la fabrication additive notre cœur de métier qui représente 70% de notre chiffre d'affaires", explique Yvon Gallet, l'un des trois associés créateurs, et Président Directeur Général de la société Initial.  

Une avance de pionnier

Créée en 1991 à Seynod, Initial a pris de l'avance dans ce domaine en étant, dès 1996, la première entreprise de Rhône-Alpes à s'équiper d'un système - communément dénommé - d'impression 3D. "Parler de fabrication additive est cependant plus juste", poursuit Yvon Gallet. Des petites séries ou des pièces individuelles, un matériau difficile à mettre en œuvre et des pièces complexes à fabriquer, constitue le triptyque gagnant de ce process. 

Technologie complémentaire plutôt que technologie de substitution, l'impression 3D offre une grande liberté de création. Son usage, par exemple dans l'aéronautique, permet de fabriquer des pièces compliquées, plus légères, telles que des pièces de réacteurs, difficiles à usiner et chères, car réalisées dans des matériaux coûteux. "Notre parc machines et notre capacité de production nous permettent une rapidité d'exécution, appréciée de nos clients". La performance coût-qualité-délai obtenue grâce à l'impression 3D est un avantage concurrentiel recherché.

Ambition sur un marché transversal

Regroupant dans ses murs quatre activités, - un bureau d'études de 16 personnes, des équipements de numérisation et de digitalisation 3D, la fabrication additive, la réalisation de moules et l'injection thermoplastique -, Initial se positionne comme un véritable centre de développement et de production, dans lequel sont investis au moins 500 000€ par an en recherche et développement. 

"Notre objectif est de doubler le chiffre d'affaires dans les cinq ans, ce qui est réaliste car nous sommes positionnés sur un marché transversal sur lequel nous pouvons être un acteur européen qui compte". Le chiffre d'affaires, facturé déjà auprès de quelque 1000 clients s'établit à 8M€, dont 20% en Europe continentale - Espagne, Belgique, Suisse et Allemagne -, avec un objectif affiché vers le marché britannique. C'est dans ces pays que l'entreprise de Seynod rencontre ses principaux concurrents. Mais à plus long terme, elle vise aussi le grand export et réfléchit à la façon de franchiser son modèle en Asie comme aux Etats-Unis. Cette réflexion est l'une des conclusions apportées par la démarche initiée pour la seconde fois avec le label Mont-Blanc Excellence Industries, qui a mis en évidence la nécessité de structurer les ressources humaines -  car la difficulté de recruter, et de fidéliser le personnel technique opérationnel persiste - et de développer la communication.

Pour faire face à la demande de fabrication en séries destinée à l'aéronautique, au médical et diverses industries, Initial prévoit l'acquisition d'un second bâtiment de 1200 m2, qui s'ajouteront aux 2000 m2 existants. Un projet prévu pour être opérationnel en 2015. "De nouvelles portes s'ouvrent grâce à l'impression 3D, cette technologie suscite un grand intérêt de la part de nombreux industriels", conclut, confiant, Yvon Gallet.

Article rédigé par Françoise LAFUMA, journaliste