mardi 25 novembre 2014

SEB'AUTOMATISME : une croissance malgré la crise

C’est en janvier 2008 que Sébastien Bouilloux se lance dans l’aventure de la création d’entreprise, après une expérience acquise durant six ans au sein de Retrofit 74, à Cluses. « J’ai décidé de partir en juin 2007, à la suite du second dépôt de bilan en huit ans. Le contexte difficile en interne ne me convenait plus », explique-t-il. Fort d’un BTS en maintenance industrielle, complété par une spécialisation en installations oléo-hydrauliques et pneumatiques, l’homme a acquis une solide expérience en tant que responsable des services maintenance, étude électrique et automatisme de l’entreprise clusienne. « J’ai pris conscience de ma capacité d’entreprendre, et j’ai relevé le défi, d’abord seul ». Mais, rapidement submergé par l’activité, il recrute. La première machine spéciale est livrée en février 2008, activité qui représente aujourd’hui 80 % du chiffre d’affaires total.

Diversification réussie

En janvier 2009, alors que les rentrées d’argent s’arrêtent net, Seb’automatisme, implantée à Magland, compte trois personnes, dont un apprenti. La crise que le dirigeant n’a pas vu venir jusque là, atteint de plein fouet la jeune société. L’intégration d’une branche «vente de matériel solaire et électrique»  prend le relais à point nommé. « Nous avons conservé cette activité pour laquelle nous enregistrons surtout des commandes de bobines de câble électrique pour les panneaux solaires », indique Sébastien Bouilloux.

En 2010, une nouvelle étape est franchie avec le recrutement de deux techniciens supplémentaires, l’un spécialisé en mécanique, l’autre en automatismes. Travaillant exclusivement pour le secteur automobile jusqu’en 2009, l’entreprise a démarré sa diversification dans la plasturgie, la connectique, l’aéronautique. « Cette diversification, alliée à la revente de matériel, nous a permis de sortir de la crise ». Dans son métier de concepteur de machines spéciales, Seb’automatisme intervient dans le process de fabrication de ses clients. « Nous livrons, désormais, trois machines par mois en moyenne, le reste du chiffre d’affaires étant réalisé en fournitures et en maintenance ». 

Esprit d’équipe

L’ équipe a entre-temps été complétée. Elle compte aujourd’hui 8 salariés dont deux en contrat de professionnalisation,- une assistante qui assure la partie administrative et gère une partie des offres, et un technicien chargé de l’intégration robotique -, ainsi qu’un apprenti.

« La passion des salariés pour leur métier est un facteur-clé de succès. Nous sommes une équipe, qui avance groupée, ce qui est une valeur forte de notre entreprise. Les décisions sont prises ensemble, cooptées », indique Sébastien Bouilloux. Il s’est lui-même fait assister d’un coach, il y a deux ans, et a complété sa formation en stratégie et management à la Chambre de métiers. Aujourd’hui, il se concentre de plus en plus sur la veille commerciale et la veille en recherche et innovation, ferments des commandes à venir.

« Chaque nouveau client amène avec lui un projet de machine nouvelle que nous concevons et réalisons  en véritable partenaire industriel ».

Ce savoir-faire  s’illustre à travers les références de Seb’automatisme : Dynastar, Salomon, Eurocopter, Bosch, Eaton et d'autres, lui font confiance. Trop à l’étroit dans ses murs, l’entreprise  a le projet d’acquérir un bâtiment de l’ordre de 600 m2 pour déployer ses activités, notamment les machines spéciales. En effet, elle réalise déjà 10% de son chiffre d’affaires à l’export, vers la Suisse voisine.

Ce déploiement est l’un des fruits apportés par le processus de labellisation Mont Blanc Excellence Industries, qui a notamment permis à Seb’automatisme de mieux rayonner et développer son réseau. Pour la seule année 2014, des machines spéciales ont été expédiées au Japon, en Tunisie, en Bulgarie, en Roumanie, en Chine et même aux Etats-Unis, afin de rejoindre les sites industriels de ses donneurs d’ordres.

 

                                   Article rédigé par Françoise LAFUMA, journaliste