lundi 23 avril 2018

Success Story : Relais Industries mise sur de nouveaux créneaux

L'entreprise annécienne a redéfini sa stratégie en lien étroit avec le label Mont-Blanc Industries. Elle se positionne aujourd'hui sur des marchés porteurs en tant que sous-traitant et lance ses premiers produits propres.

Spécialiste de la fabrication d'emballages à façon, Relais industries, a revu sa copie en lien étroit avec le label Mont-Blanc Industries. "Le fait d'être labellisé nous a permis de balayer tout ce que l'on fait grâce à 300 questions que l'on doit se poser, même si toutes ne nous concernent pas", explique Pierre Nicotera, son dirigeant depuis 2006. Une fonction qu'il a pris en main après avoir travaillé au sein d'un bureau d'études pendant près de trente ans.

Redresser la barre

"Quand je suis arrivé, il s'agissait de redresser une entreprise avec 36 personnes à gérer et donc d'apprendre aussi la gestion". En 2008, l'ex-cadre de CGL-Pack (groupe PSB Industries) a pris la mesure du défi à relever. Avec deux associés, il crée une holding, La Financière Relais Industries, dont il est co-gérant aujourd'hui avec Hubert Quenard, et rachète la société rebaptisée Relais Industries. Objectif : redresser la barre. D'où l'importance de la démarche engagée avec Mont-Blanc Industries pour définir la stratégie. "J'ai été très assidu,  j'ai suivi de nombreuses réunions proposées par le pôle Mont-Blanc Industries et j'ai compris que, quelle que soit l'activité d'une société, les problématiques sont les mêmes!".

Des marchés porteurs

Aujourd'hui, l'entreprise compte 25 à 27 collaborateurs (y compris les intérimaires), et s'est positionnée sur trois marchés porteurs.

"Notre activité est la sous-traitance de fabrication d'emballages et le conditionnement à façon. Nous travaillons sur les formes et l'optimisation des matières pour répondre, entre autres, aux exigences écologiques",  souligne Pierre Nicotera. Relais Industries maîtrise les technologies du thermoformage (6 presses) et de l'injection (5 presses) et a investi dans deux nouveaux outillages, dont un moule à fabrication rapide.

Chaque année, la société fabrique pour les fournisseurs de l'industrie automobile implantés dans la vallée de l'Arve plus d'un million de plateaux de manutention destinés à la livraison des pièces ou à la manutention de leurs propres composants. Ils sont également destinés à des secteurs industriels tels que l'électronique et l'électricité, qui ont besoin de ces emballages pour le transport de leurs pièces.

Au total, cette activité représente 25 à 30% du chiffre d'affaires de Relais Industries, qui compte parmi ses références des clients comme le groupe Bontaz, Perrotton, Léman Industrie mais aussi Air Liquide,  et Eiffage.

Du médical à l'agroalimentaire

Sa nouvelle approche stratégique l'a, par ailleurs, conduit à entrer sur le marché du médical, qui pèse désormais 30% du chiffre d'affaires avec des  donneurs d'ordre comme Aguettant, Biomérieux, Boiron ou encore Stallergènes (Greer France). Pour ce laboratoire pharmaceutique spécialisé dans le traitement des allergies, la société annécienne produit 1 million de boîtes de livraison par an, ainsi que 2 à 3 millions d'emballages de pompes.

Enfin, Relais Industries progresse chaque année à grands pas dans le domaine agroalimentaire, qui représente déjà 25 % de ses ventes totales. "Nous nous sommes positionnés sur le créneau des glaces artisanales il y a six ans environ, avec Glacier des Alpes, et aujourd'hui nous comptons une bonne quinzaine de clients dans ce domaine", précise Pierre Nicotera.

L'entreprise fabrique plusieurs millions de bacs à glace par an, en proposant à sa clientèle de très nombreux modèles, de volumes différents (de 350 ml à 5 litres).

Nouveaux investissements

 "La mise sur le marché  prochainement d'un bac de 2,5 litres, a nécessité d'investir dans un moule deux empreintes et une presse à injecter de 350 tonnes, soit 300 000 euros", précise le dirigeant de Relais industries.

En ligne avec ce choix stratégique, s'inscrit par ailleurs le développement en cours de verres festifs. "Nous avons investi 120000€ dans une machine et dans un moule pour fabriquer ces verres et les imprimer via la sérigraphie et le marquage à chaud. Mais c'est un marché à gros potentiel - 300 000 à 400 000 unités la première année, et plusieurs millions par an ensuite - car les verres souples en plastique seront interdits en 2020", rappelle le co-gérant de Relais Industries.

La fabrication démarre dans les prochaines semaines, avec pour objectif un chiffre d'affaires de 100 000 euros au moins, dès la première année, réalisé sous la marque Verres & Co.

Vision différente

"La démarche de labellisation dans laquelle nous nous sommes lancés avec le pôle Mont-Blanc Industries a démarré avec Stratégie PME, un séminaire proposé alors par Thesame. Jusque là, nous avions beaucoup travaillé par opportunités mais notre communication n'était pas efficace. Aujourd'hui, la stratégie est claire, nous mettons en œuvre plusieurs technologies en même temps: l'injection, le thermoformage et le conditionnement à façon. Notre atout est de savoir gérer un projet de A à Z, en utilisant plusieurs technologies et outils de travail, dont nous disposons sous notre toit".  Et l'objectif est clair lui aussi: accroître l'essor de l'agroalimentaire et du médical, ce qui a requis une organisation différentes dans l'usine, avec la formation du personnel aux bonnes pratiques de fabrication (BPF) de ces secteurs.

Relais industries s'est ainsi dotée d'une salle propre qui répond à leurs exigences. "Nos clients nous ont aidés à prendre place sur des marchés à plus forte  valeur ajoutée: il a fallu suivre leurs attentes et investir à leur côté".

Après deux exercices encore difficiles, l'entreprise table sur un chiffre d'affaires de 3M€ pour l'exercice clos en juin 2018, soit une progression de 6 à 7% de l'activité. "Pour 2018/2019, nous visons au moins 3,5 M€ de chiffre d'affaires avec les ventes des nouveaux bacs à glace et des verres festifs", conclut Pierre Nicotera.

Pour gérer cette nouvelle activité, il espère créer plusieurs emplois (celui d'un cadre d'atelier et des postes d'opératrices). Enfin, le dirigeant de Relais Industries vise en parallèle un déploiement à l'export en commençant par la Suisse voisine.

Françoise LAFUMA, journaliste

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Légende:atelier de Thermoformage