mardi 31 octobre 2017

SUCCESS STORY : Zylia Tech s'immerge dans la culture américaine

Lauréate de la première édition du Smart Factory Connection Tour, Zylia Tech (Cluses) a pu profiter en septembre  d'une belle opportunité d'aborder le marché américain de l'industrie du futur. C'est la mise en œuvre depuis 2012 du plan "Advanced Manufacturing" outre-Atlantique qui a motivé la création par Business France et la DGE (Direction générale des entreprises) de ce nouveau programme d'accompagnement et d'immersion proposé cette année à huit TPE françaises.

 Opportunité à saisir

 Le plan "Advanced Manufacturing" vise un double objectif: moderniser à marche forcée l'appareil industriel américain vieillissant, et lui permettre de gagner en compétitivité afin de relocaliser une partie de la production aux Etats-Unis. Dans ce cadre, 40 % des entreprises américaines ont planifié l'introduction, dans les deux ans, des nouvelles technologies de production industrielle.

En apprenant l'existence du concours organisé par Business France et la DGE, Zylia Tech s'est portée candidate, "au début sans trop y croire", explique sa dirigeante, depuis 2011, Marie Barbot. "C'est une chance exceptionnelle pour une TPE comme la nôtre".

Cet heureux enchaînement ne doit pourtant rien hasard, car il est le fruit d'un travail entrepris, depuis 1998, pour repositionner la société sur ce qui fait aujourd'hui son cœur d'activité : la conception et le développement de solutions logicielles et de services destinés aux industries manufacturières.

"Notre métier est de proposer des solutions de pilotage pour l'amélioration continue et en temps réel des process industriels". Zylia Tech utilise les données collectées au fil de la production et les transforme en informations pertinentes d'aide à la décision. Cette compétence, détectée par PSA a conduit au développement en 1999, puis à l'installation, dès 2000, d'une solution permettant de centraliser dans un seul serveur basé en France les mesures faites et les données enregistrées dans les 32 sites de production du groupe automobile dans le monde.

 Sur un marché de niche

 Dès lors, Zylia Tech est passée d'un métier de généraliste de l'informatique à un métier de niche. Grâce à ce référencement, la PME s'est ouverte les portes des équipementiers automobiles de rang 1 en France comme à l'étranger - Hutchinson, Valeo-, et des nouveaux secteurs, comme la verrerie médicale et l'aéronautique.

"Notre force est de savoir collecter des données et de connecter d'anciennes comme des nouvelles machines" souligne Marie Barbot.

Un savoir-faire qu'elle espère bien exporter à Chicago ou à Detroit, où la société de Cluses a créé une filiale en 2015.

"Pour travailler aux Etats-Unis, il faut à tout prix être implanté sur place, car on vous demande, très vite, combien vous faites travailler d'Américains. Aujourd'hui,  les entreprises s'arrachent les techniciens et les ingénieurs, ce n'est donc pas facile de recruter. Nous sommes accompagnés par Business France et un consultant extérieur dans l'idée d'intégrer un ingénieur français dans le cadre d'un contrat V.I.E. (Volontaire international à l'export)".

Le but pour Zylia Tech est de tirer pleinement partie de la semaine d'immersion aux Etats-Unis, préparée assidûment à Paris pour adapter sa communication au pitch à l'Américaine. Avec au programme notamment: la visite du Digital Manufacturing Design Innovation Institute (DMDII), plateforme de référence de l'Advanced Manufacturing. Cet institut a été créé pour développer les nouvelles technologies appliquées à la production et les mettre à disposition de l'industrie manufacturière américaine (qui représente encore 12 % du PIB global). Et celle du M Hub, qui accueille des start-ups dont les projets sont en phase de croissance. Des visites d'entreprises et des contacts en B to B -avec GE, Faurecia, Chevron Phillips, Tyson, Valeo qui ont pris part à la conférence Smart Industry, organisée à Chicago- ont ponctué la semaine. D'autres échanges ont été initiés avec Plastic Omnium ou Arcelor Mittal et un colloque organisé chez Automation Alley, un accélérateur qui a proposé à Zylia Tech d'utiliser ses bureaux.

 Une équipe talentueuse

 "Business France appelle toutes les deux semaines pour faire le point sur l'avancée de nos contacts et nous accompagnera jusqu'en mai 2018", indique Marie Barbot qui apprécie "le soutien fort d'équipes compétentes". Zylia Tech qui a déjà des clients français outre-Atlantique, compte bien signer, aussi, un ou deux projets avec des industriels américains, d'ici un an. Son développement passe par un essor à l'international. Actuellement, elle réalise 16 % de ses ventes à l'export, dont 5% aux Etats-Unis, et table à moyen terme sur 50 %. "Pour réussir ce challenge, je m'appuie pleinement sur mon équipe de collaborateurs bourrés de talent", conclut Marie Barbot. L'entreprise emploie 11 personnes (dont 5 ingénieurs développement, hormis les services support, formation et administratif).

Rédigé par Françoise LAFUMA, journaliste